La fin du sanguinolent

Publié le par L'Eunuque

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Le chef fit une moue d’étonnement complètement fabriquée et mal joué.

— Vous êtes sans doute celui avec qui nous devions négocier l’achat de cet avion ?

— Il n’y a rien à négocier, le prix a été fixé et accepter autant par votre patron que par moi. Vous payez, vous avez l’avion et chacun part de son côté.

— Mais, c’est pourquoi je parlais de négociation car le nouveau prix est celui de vos vies contre cet avion. Et je pense que vous trouverez que ce n’est pas cher payé.

Berth haussa le ton.

— Monsieur Davidovitch, votre commanditaire, n’appréciera pas cette manœuvre. Cela risque de discréditer ses futures transactions commerciales.

— C’est bien dit, mais je m’en fiche. Je crois que nous n’aurons plus jamais à faire avec Davidovitch.

— C’est un grand risque que vous prenez là. C’est un homme qui n’aime pas trop se faire doubler.

— Oh là là, cela me fait très peur.

Puis, regardant en direction de Youssef, il eut encore de l’étonnement.

— Qu’est-ce cela ? Un prisonnier ? Quelqu’un qui n’aurait pas été très « honnête » avec vous ?

— On peut dire ça comme ça.

Le Russe s’approcha de Youssef tout en parlant.

— Et vous faites des prisonniers vous. Moi, lorsque quelqu’un a trahi ma confiance je l’abat sur le champ, tout simplement.

Il sortit son arme et le pointa sur la tête du prisonnier qui vociférait derrière son bâillon.

— Arrêtez, ce ne sont pas vos oignons, intervint Berth.

— Oh, je comprends, vous préférez le faire vous même.

Il regarda mieux Youssef et lui retira le scotch qu’il avait sur la bouche. Ceci à peine fait, Youssef parla :

— C’est avec moi que vous deviez faire la transaction. C’est cet enculé qui m’a doublé.

Le Russe partit dans un éclat de rire.

— Alors là, dit-il, il n’y a pas deux minutes vous me faisiez la morale au sujet d’une transaction commerciale défaillante et que ne m’aperçois-je, vous êtes un fripon, vous aussi. Ce n’est pas banal. Sans doute que si j’offrais à ce monsieur la possibilité de vous éliminer, vous, il ne ferait pas tant de chichis.

Puis se tournant vers Youssef :

— Hésiteriez-vous ?

— Libérez-moi et filez-moi un flingue et vous allez voir si j’hésite longtemps.

Berth restait impassible.

Le Russe se tourna à nouveau vers Youssef.

— Non, lui dit-il. Non. Ce n’est pas ce que je vais faire, car savez-vous la différence qu’il y a entre vous et ce monsieur que vous êtes prêt à tuer ? Et bien, la différence, c’est que : vous êtes son prisonnier et quelque part, vous êtes le perdant. Et je n’aime pas les perdants, ils me foutent le moral à plat. Et pire encore, sont ceux qui exigent du destin qu’il rattrape leurs erreurs.

Il pointa à nouveau son arme automatique en direction de la tête de Youssef et la lui fit exploser avec une rafale.

Du haut de la passerelle, Mikhaïl vociféra :

— Faites gaffe, chef, vous faites des trous dans la carlingue.

Mais l’autre ne répondit pas.

— La vache, se permit de dire discrètement Le Chacal, là on est tombé sur un méga malade.

C’est à ce moment que Berth vit arriver de l’arrière de l’Antonov, Blue Star avec un fusil d’assaut et tirer une première balle qui explosa l’épaule du chef Russe, un des trois autres hommes prit un balle aussi avant de pouvoir riposter et quant à Mikhaïl, il venait d’être balancé par Bachir du haut de la passerelle sur les caisses en bois en contrebas. Avant qu’un des autres hommes de mains ne se mette à tirer dans le tas, son chef hurla un ordre qui fit stopper le tout car l’Ukrainien l’avait en ligne de mire et la prochaine balle était pour lui.

Blues Star demanda en Russe que chacun dépose les armes et à peine étaient-elles arrivées au sol, que les Touareg se levèrent et s’en emparèrent. Moussa utilisa l’une d’entre elle pour faire signes aux envahisseurs Russes de se regrouper.

— Est-ce que tout le monde est ok ? demanda L’Eunuque.

Bachir regarda dans le contrebas, là ou il avait balancé celui qui le menaçait.

— Ça a l’air moche pour le Russe Mikhaïl.

— Je parle des nôtres avant tout. On jouera à la Croix Rouge après.

Natacha désigna une masse sombre :

— Là, il y a Le Chacal qui, comme d’habitude, est évanoui.

— Je ne suis pas évanoui, connasse, je suis blessé.

Une main tachée de sang sortit du dessous du Chacal afin de corroborer son propos.

— Et merde, je pars chercher la trousse.

Berth fit signe à Blues Star de baisser son arme. Il marcha en boitant sur quelques pas.

— J’ai faire mal, dit-il avant qu’on ne lui demande. J’ai passé par roue de devant pour faire tour. Prendre, arme dans 4x4 Russes et j’ai me cassé gueule dans le noir.

En passant près du Russe qui se tenait l’épaule, il l’injuria dans sa langue. Puis, il aperçu le cadavre de Youssef où, à la place du visage, il y avait un énorme steak tartare. « Les gens comme toi meurent violement, avait dit à peu près Moussa ». Sans doute était-il loin de penser que cela arriverait si tôt. Natacha débarqua avec tout son matériel. Elle retourna délicatement Le Chacal, ouvrit sa chemise et soupira. L’autre interpréta mal cette première analyse de l’infirmière.

— Oh putain, je vais mourir, c’est ça, je vais claquer ?

— Arrêtes, tu n’as presque rien.

— Comment ça, j’ai presque rien, et tout ce sang, il est bien sorti de quelque part ? S’il venait de mon trou de balle, je pencherai pour des hémorroïdes, mais là, c’est un peu haut pour un orifice anal. Et puis dégages, tu n’y connais rien, je veux un autre avis médical.

Elle montra une seringue de calmant qu’elle venait de préparer.

— Arrêtes de geindre sinon je te pique et pendant que tu roupilles je te fais une coloscopie.

— Je suis sûr que c’est exactement ce qu’ils font tous ces salauds de toubibs. Ils t’endorment et ils en profite pour assouvir leur fantasmes en te mettant deux doigts dans le cul, voire la main toute entière… mais qu’est-ce que tu… tu m’as fait.

— Bonne nuit.

Berth demanda :

— Il a quelque chose, oui ou non ?

— Il a du s’écorcher lorsqu’il est tombé dans les pommes pendant la fusillade. Il a une belle ouverture, je vais lui faire quelques points. Tu parles d’un guerrier.

— Ce n’est pas pour sa bravoure qu’il est de tous les voyages.

— Oui, tout le monde l’avait remarqué. D’ailleurs, va falloir qu’un jour tu me donnes un début d’explication concernant votre relation à tout deux. Il est certain mystère dont l’univers ne peut se passer d’explication.

— Et moi, alors, hurla le chef Russe de l’autre bout de l’appareil.

Natacha lui lança une trousse à pharmacie de voyage.

— Demandez à vos bichons de s’occuper de vous en attendant. Et s’ils n’ont pas fait médecine et bien… tant pis pour vous.

Puis le Russe s’adressant à Berth :

— Qu’allez-vous faire de nous ?

— Rien de spécial. Nous continuons la transaction. Nous récupérons notre argent et vous votre avion. C’est ainsi que les choses devaient se passer. Concernant le kérosène, que mes amis Touareg devaient pomper pour remplir les réservoirs de l’Antonov, vous comprendrez qu’avec le peu de civilité avec laquelle vous les avez traités, ils n’aient plus envie de le faire. Vous les avez tellement mal traité, qu’ils sont en train de démonter vos 4x4 et vous ne leur en voudrez pas, sans doute, qu’ils en retirent tout ce qui leur semble utile à leur vie. Les bidons de carburant sont dehors, cacher dans une fosse, vous pouvez commencer à pomper car il n’en reste même pas assez pour faire décoller votre acquisition.

— Mikhaïl s’est brisé la nuque dans sa chute. C’était lui le pilote. Que voulez-vous qu’on en fasse de ce putain d’avion ?

— Renouez des contacts avec Davidovitch et demandez-lui un autre pilote. Prenez des initiatives, que diantre !

Le Russe cracha quelque chose de gras en direction des pieds de L’Eunuque et lui vomi :

— Priez de ne jamais vous retrouver sur ma route.

— Je ne prie jamais. Mais vous, si c’est votre truc, va falloir y penser car l’incendie de vos véhicules va attirer du monde. Espérez seulement que ce soit l’armée Nigérienne, car les autres sont un peu comme vous : ils ne font pas de prisonnier. Enfermez-vous bien à l’intérieur de votre avion, c’est votre seule protection.

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S
<br /> De moins en moins d'intérêt, j'ai hâte d'être plus loin ...<br /> <br /> <br />
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H
<br /> Très heureux de te retrouver. Plusieurs épisodes à relire, je vais mis remettre de suite. A tous les jours si Dieu le veut.<br /> <br /> <br />
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N
<br /> Ca, c'est fait...:)<br /> M'fais marrer le chacal^^<br /> <br /> <br />
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