Adrien

Publié le par L'Eunuque

— Ah, Berth, vous êtes là. Mais, personne ne me prévient jamais, dit-il un peu agacé.

— Je viens tout juste d’arriver.

— Je ne vous ai pas fait attendre, vraiment ?

— Ce n’est que du temps.

— Oui. Il faut être vieux pour trouver cela important. Sans doute parce qu’il nous en reste peu. Et ne me flattez pas avec des phrases toutes faites, du genre : « Vous ne faites pas votre âge, etc… »

— Je n’ai pas de phrases toutes faites.

— Ah bon ! Tout compte fait, je me demande si je ne préfère pas la flatterie.

Le châtelain fit signe au jeune homme d’entrer dans une grande salle rempli de livre. Berth ne pu s’empêcher d’aller y jeter un œil.

— Vous aimer lire ?

— Beaucoup.

— Venez ici prendre autant de livre qu’il vous plaira.

Berth hocha la tête pour remercier.

— Vous êtes bien installé, les quatre autres ont su vous accueillir ?

— Ils sont plutôt… bienséants.

— J’ai du mal à vous croire. Leurs parents me les envoient chaque année, deux d’entre eux n’habitent pas si loin d’ailleurs. Ils espèrent que de la vie en communauté ils en tireront quelque chose d’édifiant. Moi, j’ai l’impression qu’ils sont pires au retour qu’à l’aller. Puis, je ne suis pas là pour parfaire leur éducation. Ils viennent, ils se détendent et plus c’est marre.

Il s’installa dans un fauteuil et invita Berth à en faire de même.

—La jeunesse a besoin de respirer, sinon… sinon elle nous fait des révolutions, comme celle d’il y 2 ans et qui enquiquinent tout le monde.

Il changea de sujet.

— Votre grand-père est malade et j’en suis désolé.

— Il travaillait ici, dans le temps ?

— Oui, oui, c’est vrai. J’ai beaucoup d’estime pour lui et je crois que c’est réciproque.

— Vous avez l’air très proche et pourtant je n’ai jamais entendu parler de vous.

Le vieil homme haussa les épaules.

— Nous nous sommes perdus de vue. Mais, je suis pour le coup flatté qu’il ait pensé à notre famille pour vous héberger, le temps de l’opération et de sa convalescence.

— Vous n’appartenez pourtant pas au même monde.

— Il est des mondes qui mettent tout le monde d’accord.

— Tout en restant chacun de son côté.

Le châtelain ne semblait pas agacé par cette attaque qui n’en était peut être pas une.

— Si vous avez déjà vos propres convictions sans connaître rien de la vie alors je vous plains. Et je n’ai certainement pas à m’excuser de mon rang social, ni à me justifier. Cependant, voyez ce que je fais de mon château, j’y accueille des enfants et un bon tiers ne paye pas car pas d’argent. Ma seule richesse ce trouve sur les quatre murs de cette pièce. Quant à ce château, il est hypothéqué jusqu’à la dernière poutre du grenier. Je ne laisserai rien à mes héritiers, il devront se débrouiller et peut être m’auront-ils à charge lorsque je serai trop vieux.

Berth ne pu laisser échapper un sourire.

— Vous souriez, à la bonne heure. J’avais peur d’avoir accueilli, un de ces nouveaux gauchos prétentieux.

Entra alors, sans prévenir Marie. Elle s’immobilisa attendant que son grand-père l’autorise.

— Entre donc, ma beauté, je discutais avec notre nouvel ami Berth. Berth voici Marie ma petite fille et ma princesse.

— Nous nous connaissons, dit-elle sans ambages.

— Et bien, la jeunesse va vite, il n’est pas là depuis 24 heures que tu le connais déjà. Mais, dis-moi, que connais-tu de lui ?

— Tu joues avec les mots.

— Les mots restent les mots. Ils ont chacun leur signification propre. Ils ont tous le rôle principal, aucun ne fait de la figuration. Mais, peut-être voulais-tu dire que tu l’avais rencontré ?

— Nous nous sommes rencontré, confirma Berth.

Le châtelain raconta alors la vie de cet endroit. La machine à parole était lancée, les ancêtres volaient dans la pièce, leurs exploits courraient le monde et l’histoire. Marie eut pitié de Berth et réussi à placer :

— Grand-père, je crois que tu devrais en garder un peu pour la prochaine fois.

Le vieil homme compris son emportement et s’en excusa d’un simple regard.

— Je… je crois qu’il est préférable, effectivement.

Il se leva, il semblait vouloir dissimuler une tristesse que perçue sa petite fille, non sans s’en étonner. Le châtelain, en quittant la pièce, réitéra son autorisation au sujet des livres et Berth le remercia.

— Et bien, conclut Berth, chaque nouveau arrivant à droit à une visite guidée.

— Ne vous moquez pas.

— Je ne me moque pas. Votre grand-père raconte bien et avec passion.

— Je peux vous assurer qu’il est plutôt discret d’habitude.

Elle se leva, Berth fit de même.

— Je dois vous laisser. Prenez tous les livres qu’il vous plaira.

— Attendez, j’ai ça pour vous.

Il lui tendis le paquet de cigarettes et la boite d’allumettes.

— Ah, c’est vous qui l’avez récupéré. C’est bien. J’avais peur que ce soit un des gamins.

Puis elle sortit. Berth choisi quelques livres et s’en retourna. Dans le grand hall, une voix de femme l’interpella du palier supérieur.

— Adrien ? Adrien c’est toi mon enfant ? Mon Dieu, oh mon Dieu.

La voix de Simon Orfeuille se fit entendre aussitôt.

— Madeleine, où tu vas comme ça ?

— C’est Adrien, il est de retour.

Berth se rapprocha, mais il n’eut pas le temps de voir grand chose, sinon Orfeuille lui tendre la main avec un sourire gêné, lui disant : « Tout va bien, ne vous inquiétez pas ».

En sortant, Berth croisa Marc.

— Putain, t’étais où, on attend que toi pour aller au village.

— J’arrive.

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A
<br /> Dans 25 ans, j'en aurai 43 et je serai là pour lire cette rencontre avec le même enthousiasme qu'à mes 18...<br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> C'est tendrement gentil. Quant à moi, dans 25 ans, je commencerai à sucrer les fraises.<br /> <br /> <br /> <br />
B
<br /> Et mua je me demande s'il n'y aurait pas qqch à voir entre ce lieu, et le Comte...?<br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Très sincèrement et aujourd'hui, je n'en sais rien.<br /> <br /> <br /> <br />
N
<br /> L'Eunuque arrive donc par ici...:)<br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Peut-être… Disons que c'est un peu plus compliqué. Moi-même, je n'ai pas tout compris du premier coup.<br /> <br /> <br /> <br />
D
<br /> Est ce au cours de cette aventure que berth deviendra l'eunuque ? Et ,rencontrera le futur Chacal ?<br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Puisque vous semblez impatient d'en savoir un peu plus, effectivement l'idée de devenir L'Eunuque s'installera à partir de cette aventure. Quant au Chacal, il ne le rencontrera que 25 ans plus<br /> tard.<br /> <br /> <br /> <br />