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Ils l'ont dit, un jour…

«L’Histoire est un mensonge qui est cru par tout le monde.» 


D'une manière générale

La vérité est ailleurs, moi je suis ici. Franchement, ça ne me gène pas.

Derniers vers pour la route

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Samedi 23 juillet 2011 6 23 /07 /Juil /2011 00:01

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Berth lui dégagea la masse de cheveux du visage ainsi que le voile noir en lambeau qui était sensé la protéger de la lumière. La respiration était lente, les lèvres gercées, le visage brûlé par le soleil. Natacha se rhabilla en vitesse et avec l’eau qui lui restait du bidon, elle lui rafraichit le visage. Cela fut bénéfique car, la gamine commença à se réveiller. Mais les deux visages penchés sur elle lui firent peur, elle se retourna en essayant de ramper. Natacha vit alors les pieds ensanglantés et infectés. Elle lui parla en Tamashek en espérant que la fillette comprenne cette langue. C’était le cas. Natacha la prit dans ces bras pour la soulever du sol et avec Berth ils rejoignirent le groupe.

— C’est une Touareg, affirma Natacha, une Kel Owey, aux vues de sa coiffure et des grigris qu’elle a autour du cou.

— C’est surtout une gamine perdue au milieu de nul part, compléta Bachir.

— Ça doit être une bergère, continua la jeune femme. Je vais d’abord la soigner. Cela va prendre un peu de temps.

Natacha regardait Berth d’un air presque suppliant, car sa requête impliquait que le groupe prenne un peu de retard.

— Moi je dis que ce n’est pas une bonne idée, insista Le Chacal. On a cas la prendre avec nous et la soigner plus tard.

— Plus tard, c’est au moins dans trois jours, se plaignit l’infirmière.

Berth soupira, mais prit la décision.

— Prends le temps qu’il faut pour la gamine. Mais avant, tu vas m’aider à m’habiller et à me faire un cheich. Je ne peux pas encore le faire seul.

— Qu’est-ce que tu veux faire ?

— Je vais aller plus en avant pour observer. Si je suis repéré, je veux passer pour un simple voyageur isolé. Ça n’intéresse personne. Je prends un des téléphones cellulaires Talkie. Restez en permanence en contact. Je dois pouvoir toujours vous joindre…

— Es-tu obligé de faire ça et seul ?

— Nous n’avons, pour aujourd’hui, que quelques heures de voyage possibles. Ce qui veut dire que nous passerons la nuit ici. Il faut quelqu’un en poste avancé pour voir venir nos éventuels agresseurs. Nous nous arrêtons et rester immobile n’est pas une bonne idée, comme l’a dit Le Chacal.

— Mais, tu comprends qu’on ne peut pas laisser cette enfant comme ça ?

— Natacha, tu as insisté pour que le groupe reste et j’ai pris la décision. Je me sens responsable que de cette décision. Ne me demande pas, en plus, d’apaiser ta conscience. Je n’ai pas à te confirmer si tu nous obliges à un bon ou à un mauvais choix. Alors assume ta requête.

Le ton de L’Eunuque était ferme. Il alla fouiller dans une des malles à l’intérieur du camion et en ressorti un costume complet de Touareg. Il lança le tout à Natacha qui l’aida à l’enfiler comme il le lui avait ordonné, plus que demander.

Blue Star se pointa devant lui avec l’arme qu’il avait dérobée aux Russes.

— Bon tireur, moi tu sais.

— Je l’ai constaté ce matin.

Il lui montra un emplacement sur un monticule de pierre qui surplombait ce grand espace plat. La planque se situait à une centaine de mètres de l’endroit où ils étaient.

— Me mettre là, aussi, en retrait. Si sales gueules arrivés, ici mieux voir et faire carton.

— Ok, mais prends aussi un téléphone Talkie. Le Chacal va t’expliquer les fréquences à utiliser.

Berth ramassa un bâton pour s’aider dans sa marche. Il avait un détecteur de métaux pour les mines et il vérifia le bon fonctionnement  du GPS.

Le Chacal l’arrêta un instant.

— Ne te fie pas uniquement à ce truc. On n’est pas sûr à 100% des infos qu’on a collées là-dedans. Est-ce qu’ils savent seulement où ils ont posé toutes leurs merdes de mines ?

— Toi pas prendre arme, s’étonna Blue Star ?

Berth ne répondit pas et se mit à marcher.

— Il n’en prend jamais, expliqua Le Chacal. Il n’est pas que téméraire ou fou, il a aussi des principes à la con. 

 

 

***

 


L’Eunuque s’était installé lui aussi sur un endroit légèrement surélevé. Il était à l’ombre mais la chaleur était là et lui en plein milieu. Mais les aérations de son vêtement lui permettaient de ressentir un peu de fraîcheur, lorsque le vent s’engouffrait à l’intérieur qui, au contact de sa sueur, le faisait même frissonner. Il baignait dans son jus. Il buvait par petites gorgées car il n’avait pas besoin de plus. Bientôt, le soleil qui se trouvait sur sa gauche, plongerait sur l’horizon. Et alors, il devra subir un autre paradoxe de se pays : la température glaciale de la nuit.

Il n’avait rien relevé depuis son poste d’observation. L’avantage avec le vent, c’est qu’il vous signale le moindre déplacement de groupe. Parfois deux courants contraires fabriquaient une tornade qui s’élevait assez haut, mais se désagrégeait rapidement. Les sons aussi portent loin, mais aucun d’entre eux ne semble suspect. Seule la nature s’exprime en toute liberté. Les oiseaux s’appellent, les mouches vous agacent. Il y a même un serpent, une vipère, qui, sécurisée par immobilisme de Berth, est passée à moins de 3 mètres de lui. Un rapaces s’est posé moins de question, en piquant sur elle et en l’emportant dans les airs en criant sa victoire du jour.

Le Talkie grésilla avant que la voix de Blue Star se fasse entendre.

— Dis, Berth, toi dormir ou pas.

— Ou pas, répondit l’intéressé.

— Good. Moi me faire chier, alors moi tourner bouton et capter sur canal 7-8-7-2 chose, parler assez étrange. Si talkie puissant, ça venir de loin mais, bien entendre alors ça venir de pas loin.

— D’accord, je me branche, mais toi reste sur le bon canal, d’accord.

— Da, da, soupira l’Ukrainien.

L’Eunuque régla l’appareil et de suite entendit des voix. Celles ci ne communiquaient avec personne. Le Talkie était tout simplement resté branché en mode parlé. C’était du chinois, mais parfois des phrases en Français avec un accent exagérément asiatique. Rien de très clair car le vent soufflant dans les micros rendait difficile la compréhension. Le moteur d’une machine se mit en marche. Le son réel vint jusqu’à L’Eunuque en décalage avec celui du talkie. Il remit le récepteur sur la fréquence de son groupe. A moins d’un kilomètre, des fumées noires d’un échappement s’élevaient dans le ciel, sans aucune discrétion.

— Soit ils sont inconscients, soit ils sont protégés, pensa le Français.

Les Jumelles ne lui apportaient pas plus d’information. Le bruit des machines, se situait au delà de la piste de Timia et dans un contrebas. Pour voir mieux, il faut se montrer, à moins d’attendre la nuit. Auquel cas, cela devient dangereux à cause des mines. Cependant, si le groupe devait reprendre la route demain, il fallait savoir ce qui se tramait derrière car même en contournant ils seraient visibles et accessibles.

Il appela Blue Star :

— J’ai repéré d’où cela vient. C’est à peu près à deux kilomètres d’où tu es vers l’Est. Je vais aller voir.

— Ça, pas bonne idée.

— Toi, tu restes en planque.

— Ça, bonne idée !

Par L'Eunuque - Soyez curieux de ce que disent les autres - Si vous avez quelque chose à dire
Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 06:48

chevres.jpg

 

Le jour était bien levé lorsque le haillon arrière de l’Antonov se referma sous les injures du mercenaire Russe.

— On a été trop bon. Je n’aurais pas dû le soigner, regretta Natacha.

— Si c’est ton serment d’Hippocrate qui t’y oblige… commença Le Chacal, confortablement installé dans la cabine du camion 4x4.

— Serment d’hypocrite plutôt, je n’ai jamais fait médecine.

— La salope, je m’en doutais, vociféra le blessé, je m’en doutais que tu étais une escroc. T’as dû me refiler une infection nosocomiale, ou une hépatite, ou…

Elle lui montra une autre seringue.

— J’ai de quoi te faire dormir pendant des jours si tu m’emmerdes.

— Oui, toi piquer lui, approuva Blue Star.

Au dehors, les Touareg avaient fini de tous charger sur les chameaux. Berth et Moussa se saluaient.

— Vous auriez pu utiliser les 4x4, rappela le Français.

— Cela nous aurait obligés à prendre des routes plus dangereuses et surtout de se montrer à des endroits pour faire le plein d’essence. Faites attention à vous. Je sais que tu connais bien les lieux mais là-haut, sur les plateaux c’est une véritable jungle. Tous les campements ont déserté, alors si vous rencontré quelqu’un c’est soit un fou soit un mauvais type.

Berth eut droit à une accolade moins viril que lors de son arrivée et Moussa, une fois sur son chameau, rejoignit la caravane qui s’était mise en route. Le Français attendit qu’il furent assez loin pour mettre lui même le feu aux 4x4 Russes. Il monta à côté de Bachir.

Le camion avança, laissant derrière lui un feu crépitant et une fumée noire qu’on pouvait voir à des kilomètres.

— Il ne t’a pas demandé si je pouvais rester, questionna Natacha ?

— Il a dû penser que tu n’accepterais pas.

— Et d’après toi, j’aurais dû lui proposer ?

— Je n’ai pas d’avis sur la question.

— A quoi peut bien leur servir les deux dispensaires mobiles que tu leurs as rapportés ?

— A soigner des gens, gourdasse ! se moqua Le Chacal.

— Et s’ils n’ont pas de médecin ?

— De toute façon t’es pas médecin toi non plus, il me semble ? insista Le Chacal.

— Ils ont sans doute prévu la chose, répondit Berth. Puis, ce n’est pas mon problème.

— C’est quoi ton problème au juste ?

Il s’enfonça dans son fauteuil.

— Pour l’instant, dormir un peu. La première partie du trajet n’est pas trop chaotique, alors je vous conseil dans faire autant. Sauf toi, Bachir, cela va de soi.

 

 

***

 

 

— Pourquoi on n’ouvre pas ces fenêtres ? On crève dans cette cabine, se plaignit Le Chacal.

— Ce que veut surtout dire Le Chacal, à moins que cette odeur pestilentielle ne lui rappelle la sienne, c’est que ce gros porc de Blue Star pue le Bouc.

Blues Star ne dormait pas mais était étalé de tout son long sur la dernière banquette de cette cabine avancée du camion.

— Moi vouloir prendre douche dans Antonov, mais pas pouvoir entrer dans petite cabine. Pas possible.

— Et pourquoi il ne voyage pas à l’arrière avec la marchandise ?

— C’est plein, précisa Bachir. Et pour répondre à la première question, nous avons un vent arrière qui nous fait bouffer notre propre poussière. D’ailleurs, il y a beaucoup de vent, ce qui fait que nous sommes repérable de loin et peut-être avons nous déjà été repéré.

Depuis plus d’une heure, ils roulaient sur une piste difficile, qui ne permettait qu’une vitesse lente. Des champs de caillasses à perte de vue, sur une surface plane dont la chaleur de ce moment dur de la journée, faisait apparaître sur l’horizon des mirages vibrants. Berth désigna à Bachir un rassemblement d’arbres épineux.

— On va faire une pause là-bas.

— C’est peut-être pas trop l’endroit ni le moment.

— Nous aurons besoin de toute notre lucidité, une fois dépassé la piste de Timia. Et toi, tu dois te reposer

Le Camion roula jusqu’aux arbres et se mit à l’ombre du plus grand. Tous descendirent comme un seul homme. L’ombre était appréciable et le silence plus encore lorsque le moteur fut coupé. Ce vent, qu’ils avaient maudit pour sa position arrière, ils le bénissaient car il leur apportait de l’air. Berth avait besoin de mieux respirer et le plastron qui enserrait la poitrine l’en empêchait. Il ne garda que les bandes. Natacha soupira en secouant négativement la tête, mais ne fit aucune réflexion.

Berth scruta l’horizon avec des jumelles immenses. Pour ne pas avoir une vision qui tremble, elles étaient fixées sur un pied. La piste de Timia se terminait à moins d’un kilomètre et il savait ce qu’on trouvait au-delà. Des groupes de coupeurs de route, isolés, se délimitant des territoires indéfinis, ce qui fait que la plupart du temps ces bandes se battent entre elles car elles n’ont pas souvent de passage. Le camion représenterait une proie prestigieuse et Berth considère cela comme un avantage. Ces bandits n’ont pas l’habitude du prestige. Et celui-ci, n’a aucune docilité.

L’Ukrainien vint se poser à côté du Français. Il regardait lui aussi l’horizon tout en dégustant une ration de survie.

— Pays bizarre, non ? Vivre ici, incroyable. Etre né ici pour vivre ici. Pas le choix, c’est sûr. Tu sais moi j’ai fait guerre aussi. Et oui. Tout ça loin, mais encore trop près. Le souvenir est malédiction.

La méditation de Blues Star fut interrompue par une vocifération de Natacha. Elle se dirigeait avec un bidon plusieurs litres d’eau.

— J’ai besoin d’un peu d’intimité, alors le premier qui cherche à voir mon cul, je lui caillasse la tronche.

— J’y crois pas, dit Le Chacal. En dehors du fait que tu ais une paire de nichons, j’ai toujours émis le doute que tu puisses être une gonzesse. Mais, il ressort parfois de cette disgrâce, une féminité qui ne s’exprime qu’à des moments les plus inattendus. Vouloir se laver les miches, au milieu de nul part, fait partie de ces illogismes.

Natacha était désormais derrière un bosquet épais.

— J’ai mes règles ducon et être ailleurs ou au milieu de nul part ça ne les arrête pas. Saigner ne t’est pas uniquement réservé.

On commençait à entendre l’eau couler. Le Chacal n’eut rien à redire, de même qu’il n’avait plus faim. Cela ne faisait pas cinq minutes qu’elle sifflotait en se rinçant qu’elle appela :

— Nom de dieu, Berth, vient vite !

Puis de rajouter :

— Mais pas les autres, sinon, je caillasse.

Berth, trouva Natacha nue, accroupie près du corps d’une gamine.

— Je ne l’avais pas vu. Elle est vivante, mais inconsciente.

 

Par L'Eunuque - Soyez curieux de ce que disent les autres - Si vous avez quelque chose à dire
Lundi 18 juillet 2011 1 18 /07 /Juil /2011 00:01

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Le chef fit une moue d’étonnement complètement fabriquée et mal joué.

— Vous êtes sans doute celui avec qui nous devions négocier l’achat de cet avion ?

— Il n’y a rien à négocier, le prix a été fixé et accepter autant par votre patron que par moi. Vous payez, vous avez l’avion et chacun part de son côté.

— Mais, c’est pourquoi je parlais de négociation car le nouveau prix est celui de vos vies contre cet avion. Et je pense que vous trouverez que ce n’est pas cher payé.

Berth haussa le ton.

— Monsieur Davidovitch, votre commanditaire, n’appréciera pas cette manœuvre. Cela risque de discréditer ses futures transactions commerciales.

— C’est bien dit, mais je m’en fiche. Je crois que nous n’aurons plus jamais à faire avec Davidovitch.

— C’est un grand risque que vous prenez là. C’est un homme qui n’aime pas trop se faire doubler.

— Oh là là, cela me fait très peur.

Puis, regardant en direction de Youssef, il eut encore de l’étonnement.

— Qu’est-ce cela ? Un prisonnier ? Quelqu’un qui n’aurait pas été très « honnête » avec vous ?

— On peut dire ça comme ça.

Le Russe s’approcha de Youssef tout en parlant.

— Et vous faites des prisonniers vous. Moi, lorsque quelqu’un a trahi ma confiance je l’abat sur le champ, tout simplement.

Il sortit son arme et le pointa sur la tête du prisonnier qui vociférait derrière son bâillon.

— Arrêtez, ce ne sont pas vos oignons, intervint Berth.

— Oh, je comprends, vous préférez le faire vous même.

Il regarda mieux Youssef et lui retira le scotch qu’il avait sur la bouche. Ceci à peine fait, Youssef parla :

— C’est avec moi que vous deviez faire la transaction. C’est cet enculé qui m’a doublé.

Le Russe partit dans un éclat de rire.

— Alors là, dit-il, il n’y a pas deux minutes vous me faisiez la morale au sujet d’une transaction commerciale défaillante et que ne m’aperçois-je, vous êtes un fripon, vous aussi. Ce n’est pas banal. Sans doute que si j’offrais à ce monsieur la possibilité de vous éliminer, vous, il ne ferait pas tant de chichis.

Puis se tournant vers Youssef :

— Hésiteriez-vous ?

— Libérez-moi et filez-moi un flingue et vous allez voir si j’hésite longtemps.

Berth restait impassible.

Le Russe se tourna à nouveau vers Youssef.

— Non, lui dit-il. Non. Ce n’est pas ce que je vais faire, car savez-vous la différence qu’il y a entre vous et ce monsieur que vous êtes prêt à tuer ? Et bien, la différence, c’est que : vous êtes son prisonnier et quelque part, vous êtes le perdant. Et je n’aime pas les perdants, ils me foutent le moral à plat. Et pire encore, sont ceux qui exigent du destin qu’il rattrape leurs erreurs.

Il pointa à nouveau son arme automatique en direction de la tête de Youssef et la lui fit exploser avec une rafale.

Du haut de la passerelle, Mikhaïl vociféra :

— Faites gaffe, chef, vous faites des trous dans la carlingue.

Mais l’autre ne répondit pas.

— La vache, se permit de dire discrètement Le Chacal, là on est tombé sur un méga malade.

C’est à ce moment que Berth vit arriver de l’arrière de l’Antonov, Blue Star avec un fusil d’assaut et tirer une première balle qui explosa l’épaule du chef Russe, un des trois autres hommes prit un balle aussi avant de pouvoir riposter et quant à Mikhaïl, il venait d’être balancé par Bachir du haut de la passerelle sur les caisses en bois en contrebas. Avant qu’un des autres hommes de mains ne se mette à tirer dans le tas, son chef hurla un ordre qui fit stopper le tout car l’Ukrainien l’avait en ligne de mire et la prochaine balle était pour lui.

Blues Star demanda en Russe que chacun dépose les armes et à peine étaient-elles arrivées au sol, que les Touareg se levèrent et s’en emparèrent. Moussa utilisa l’une d’entre elle pour faire signes aux envahisseurs Russes de se regrouper.

— Est-ce que tout le monde est ok ? demanda L’Eunuque.

Bachir regarda dans le contrebas, là ou il avait balancé celui qui le menaçait.

— Ça a l’air moche pour le Russe Mikhaïl.

— Je parle des nôtres avant tout. On jouera à la Croix Rouge après.

Natacha désigna une masse sombre :

— Là, il y a Le Chacal qui, comme d’habitude, est évanoui.

— Je ne suis pas évanoui, connasse, je suis blessé.

Une main tachée de sang sortit du dessous du Chacal afin de corroborer son propos.

— Et merde, je pars chercher la trousse.

Berth fit signe à Blues Star de baisser son arme. Il marcha en boitant sur quelques pas.

— J’ai faire mal, dit-il avant qu’on ne lui demande. J’ai passé par roue de devant pour faire tour. Prendre, arme dans 4x4 Russes et j’ai me cassé gueule dans le noir.

En passant près du Russe qui se tenait l’épaule, il l’injuria dans sa langue. Puis, il aperçu le cadavre de Youssef où, à la place du visage, il y avait un énorme steak tartare. « Les gens comme toi meurent violement, avait dit à peu près Moussa ». Sans doute était-il loin de penser que cela arriverait si tôt. Natacha débarqua avec tout son matériel. Elle retourna délicatement Le Chacal, ouvrit sa chemise et soupira. L’autre interpréta mal cette première analyse de l’infirmière.

— Oh putain, je vais mourir, c’est ça, je vais claquer ?

— Arrêtes, tu n’as presque rien.

— Comment ça, j’ai presque rien, et tout ce sang, il est bien sorti de quelque part ? S’il venait de mon trou de balle, je pencherai pour des hémorroïdes, mais là, c’est un peu haut pour un orifice anal. Et puis dégages, tu n’y connais rien, je veux un autre avis médical.

Elle montra une seringue de calmant qu’elle venait de préparer.

— Arrêtes de geindre sinon je te pique et pendant que tu roupilles je te fais une coloscopie.

— Je suis sûr que c’est exactement ce qu’ils font tous ces salauds de toubibs. Ils t’endorment et ils en profite pour assouvir leur fantasmes en te mettant deux doigts dans le cul, voire la main toute entière… mais qu’est-ce que tu… tu m’as fait.

— Bonne nuit.

Berth demanda :

— Il a quelque chose, oui ou non ?

— Il a du s’écorcher lorsqu’il est tombé dans les pommes pendant la fusillade. Il a une belle ouverture, je vais lui faire quelques points. Tu parles d’un guerrier.

— Ce n’est pas pour sa bravoure qu’il est de tous les voyages.

— Oui, tout le monde l’avait remarqué. D’ailleurs, va falloir qu’un jour tu me donnes un début d’explication concernant votre relation à tout deux. Il est certain mystère dont l’univers ne peut se passer d’explication.

— Et moi, alors, hurla le chef Russe de l’autre bout de l’appareil.

Natacha lui lança une trousse à pharmacie de voyage.

— Demandez à vos bichons de s’occuper de vous en attendant. Et s’ils n’ont pas fait médecine et bien… tant pis pour vous.

Puis le Russe s’adressant à Berth :

— Qu’allez-vous faire de nous ?

— Rien de spécial. Nous continuons la transaction. Nous récupérons notre argent et vous votre avion. C’est ainsi que les choses devaient se passer. Concernant le kérosène, que mes amis Touareg devaient pomper pour remplir les réservoirs de l’Antonov, vous comprendrez qu’avec le peu de civilité avec laquelle vous les avez traités, ils n’aient plus envie de le faire. Vous les avez tellement mal traité, qu’ils sont en train de démonter vos 4x4 et vous ne leur en voudrez pas, sans doute, qu’ils en retirent tout ce qui leur semble utile à leur vie. Les bidons de carburant sont dehors, cacher dans une fosse, vous pouvez commencer à pomper car il n’en reste même pas assez pour faire décoller votre acquisition.

— Mikhaïl s’est brisé la nuque dans sa chute. C’était lui le pilote. Que voulez-vous qu’on en fasse de ce putain d’avion ?

— Renouez des contacts avec Davidovitch et demandez-lui un autre pilote. Prenez des initiatives, que diantre !

Le Russe cracha quelque chose de gras en direction des pieds de L’Eunuque et lui vomi :

— Priez de ne jamais vous retrouver sur ma route.

— Je ne prie jamais. Mais vous, si c’est votre truc, va falloir y penser car l’incendie de vos véhicules va attirer du monde. Espérez seulement que ce soit l’armée Nigérienne, car les autres sont un peu comme vous : ils ne font pas de prisonnier. Enfermez-vous bien à l’intérieur de votre avion, c’est votre seule protection.

Par L'Eunuque - Soyez curieux de ce que disent les autres - Si vous avez quelque chose à dire
Samedi 16 juillet 2011 6 16 /07 /Juil /2011 00:01

Niger-A61.jpg

 

— Natacha ! clama Moussa avec un réel plaisir.

— Tiens, mais c’est notre ami Moussa, dit-elle sans masquer un dédain certain. Pas de nouvelle de ton marabout ?

— Mais c’est vrai ça, se rappela Le Chacal, vous ne deviez pas vous marier et avoir des kilomètres de gamins.

— Mêles-toi de ton cul, fulmina la jeune femme sans quitter du regard le ténébreux Touareg.

— Mais ma pauvre, continua Le Chacal malgré la recommandation, ces gens n’aiment que leurs chameaux.

C’est Moussa, visiblement peu gêné, qui changea de conversation.

— Mais, qui vois-je ? C’est notre ami Youssef Al Moustafa Lassano.

— En ce moment, c’est Narlougue, compléta Le Chacal.

— Youssef « Le Sanguinaire », il paraît que tu prétends vouloir te nommer ainsi ? Je connais quelques personnes qui aimeraient te faire appeler « Le Sanguinolent » et pour ce faire t’écorché vif en plein soleil.

— Si tu veux, on te le donne proposa Natacha, mais faut le sortir régulièrement pour qu’il fasse son popo.

Moussa durci son regard.

— Sincèrement, j’hésite, mais je n’ai pas le temps de m’amuser et je ne vais pas occuper un chameau pour transporter cette merde.

Youssef l’interpella :

— Moussa, on se connaît, toi et moi on ne fait que du commerce, après tout.

— Toi tu fais dans le kidnapping et le meurtre. Tu te fais passer pour des gens de l’Aqmi. Toi, et ceux dont tu te reconnais, vous foutez un bordel sans nom dans tout le secteur. Vous avez les yeux plus gros que le ventre et vous égorgez ce que vous ne pouvez pas manger. Tu n’as aucun courage, Youssef, tu coupes la tête des gens qui ont les pieds et les mains liés. En combat singulier, tu serais déjà mort. Les Islamistes ne t’aiment pas trop et je suis sûr qu’ils paieraient un petit prix pour te savoir entre leurs mains. Car tu leurs fais du tort à eux aussi. Tu as de la chance, je les aime encore moins que toi.

Moussa lui tourna le dos ce que Youssef prit comme une insulte suprême.

— Fais-moi bien la morale, Moussa. Joues les héros populaires, mais toi et moi, et bien d’autres qui se voilent la face et t’appellent « mon ami », savent qu’ils y a quelques villages Toubous dans le Kawar qui ne t’ont pas dans leurs cœurs. Y a plein d’enfants qui ont arrêtés de grandir après ton passage pendant la première révolte.

Moussa devint blanc. Il se retourna, d’un coup d’un seul, et avança d’un pas précipité vers Youssef qui riait. Berth le rattrapa du mauvais bras car rattaché à la mauvaise épaule, ce qui le fit grimacer de douleur et de colère.

— C’est bon, on se calme Moussa.

Puis à Natacha :

— Bâillonne-le, fout-le dans un coin qu’il se chie dessus, après tout, on s’en fous.

Mais Moussa continua une marche plus calme, vers Youssef dont on avait entravé la parole. Berth le laissa faire car il savait que la colère était passée.

— Oui, il y a eut des morts. Beaucoup. Et les morts, lorsqu’on a un tant soit peu d’humanité dans son cœur, on les regrette toute sa vie. On a beau dire, se répéter, qu’il s’agit d’erreurs, qu’il n’y a jamais eut l’intention de tuer, mais les armes que nous portons nous rappellent qu’elles ne sont pas là que pour nous défendre. Alors, oui, je n’ai pas le sang de tous ces gens sur les mains, mais le groupe, avec qui j’étais, a commis ses massacres et parce que je n’ai pas pu les arrêter à temps, je suis aussi coupable qu’eux. Mais toi, Youssef Al Moustafa Lassano, ce que tu fais est difficilement justifiable. Il m’arrive de vouloir trouver des explications. Je n’en ai qu’une pour toi : tu es né comme des erreurs naissent parfois. Je connais tes parents, ta famille, ce sont tous des braves gens. Tu aurais du mourir à la naissance, mais la nature en laisse échapper parfois. Ceux, qui comme toi, ne meurent pas deviennent des inhumains. Grace à Dieu, ils finissent tous par une mort violente. Violente, mais tragique pour personne.

Natacha avait écouté ce chef Touareg avec attention, ce qui ne put empêcher Le Chacal de lui glisser :

— Ça y est, il t’a encore mouillé les ovaires celui-là.

— Ta gueule Chacal.

— Tu as autant de féminité et de délicatesse qu’un de leurs chameaux, tu as peut-être tes chances, tout compte fait.

Contre toute attente, cela la fit presque rire…

 

…ce sourire s’effaça lorsque, contre toute attente le haillon arrière de l’Antonov s’actionna et commença à s’ouvrir. Alors que tout le monde regardait vers l’arrière, Berth, quant à lui vit l’inspecteur Mikhaïl tenant Bachir en otage d’une arme, qui faisait mine d’être désolé mais qu’il n’avait rien pu faire.

— Dans le calme, vous allez laisser entrer mes camarades afin qu’on vous explique la suite des événements ou si vous voulez, la nouvelle situation.

— Mais qu’est-ce que…? commença Natacha.

Moussa fit une mine désolée.

— Je t’avais dit que ces Russes là ne valaient rien.

Le haillon continuait à descendre et arrivé à mi hauteur d’hommes les « camarades » de Mikhaïl, au nombre de quatre, pénétrèrent dans l’Antonov. Le désigné chef se fit connaître en dernier. Les Touareg parlaient doucement entre eux, mais un autre geste discret de Moussa interdit toute entreprise d’une riposte, sans se faire tous massacrer.

Le chef russe avança d’un pas et d’une tenue qui laissait sous entendre qu’il n’était pas peu fier de cette prise en main de la situation. Il n’était pas armé. Il regarda autour de lui et se décida à parler en Français.

— Bien. Avant de vous donnez une explication précise de comment je vois la chose, je vais demander au chef des bougnoules de bien vouloir commander à son troupeau de se mettre plus sur le côté ci, le gauche, et de s’assoir, de se taire car si j’en entends un seul, je fais tirer un rafale dans le tas, sans chercher à savoir qui avait ouvert sa grande gueule. Si vous pouviez, monsieur Moussa, vous occupez d’une traduction rapide, car il me tarde de partir d’ici et nous avons quelques préparatifs avant de décoller aux premières heures du jour.

Moussa parla à ses gens et dans un calme parfait, les hommes enturbannés allèrent s’installer à l’endroit indiqué.

Natacha, visiblement tendue, tenta un pas de côté qui la fit se faire remarquer. Le chef russe en fut presque satisfait.

— Vous aviez quelque chose à faire, ou à dire, belle demoiselle ?

— Mise à part : va te faire enculer, je ne vois pas.

« Mauvais idée, Natacha, pensa Berth ». Et comme pour illustrer ce propos, un des hommes de main la frappa au ventre. Elle tomba en avant en se tenant les cotes. L’homme voulu terminer le travail en lui fracassant la tête d’un coup de crosse de son arme, alors Berth intervint.

— Stop, c’est bon. Vous n’êtes pas obligez de faire ça.

Par L'Eunuque - Soyez curieux de ce que disent les autres - Si vous avez quelque chose à dire
Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 10:59

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— Fait noir beaucoup maintenant. Comment eux savoir que nous être dans le ciel ? Pas radio, pas visuel. Pas rien du tout.

La témérité de l’Ukrainien avait atteint ses limites. Berth ne pouvait lui en vouloir.

— Fait un premier passage, ils vont t’entendre. On entend de loin dans cette région.

« D’un peu trop loin, pensa L’Eunuque. Il ne faudra pas trop trainer ».

Blues star programma une première rotation, sur l’ordinateur de bord, amorça un premier palier. Mais, des secousses firent grimacer le pilote.

— Toi dire, pas bon tempête. Et bien, moi dire, tempête en dessous, alors : PAS BON !

Le premier passage fit grincer la carlingue. Mais, de suite après ce passage, une première croix lumineuse s’alluma sur le sol.

— Mets toi dans l’alignement de cette croix, ordonna Berth.

— Oui, mais pas ça suffire pour poser, s’énerva Blue Star.

— La piste va s’allumer au dernier moment. La croix c’est le point d’arrêt, alors estime la distance au mieux.

— Au pire PAS BON, au mieux grosse MERDE !!

— Allume les phares et commence la descente, nom de Dieu, cria Berth.

Blue Star fit descendre les trains d’atterrissage et regarda haineusement son co-pilote tout en manœuvrant, histoire de dire que scruter la piste ne servait à rien. Mais, au moment où l’altimètre indiquait un contact au sol imminent, des trainées des feux, en pointillé s’allumèrent comme par magie. Blue Star lâcha un « waouh » de cowboy texan, descendit d’un autre pallier avec moins de souplesse et toucha le sol cahoteux sans délicatesse. Blue Star n’en croyait pas ses yeux.

— Toi voir, ce que moi voir ?

— Oui, répondit simplement le Français.

Allongés à même le sol, des dizaines d’hommes, équipés de fumigènes, avaient allumé des travées remplies de kérosène. Au passage de l’avion, la puissance du déplacement d’air, avait éteint la plupart des foyers et surtout avait fait valdinguer sur quelques mètres les kamikazes allumeurs. Aucun d’entre eux ne fut blessé.

Blue Star dut pousser à fond les retro réacteurs, car la croix approchait trop vite, ce qui fit chasser légèrement du cul l’Antonov. L’avion passa la croix de quelques dizaines de mettre seulement, mais les occupants de l’appareil sentirent que celui-ci n’était plus sur la piste. Tout s’arrêta enfin. Les légers bruits de l’avion furent couverts par ceux d’un vent puissant, qui frappait les parois et englobait l’Antonov de poussières du désert.

Personne ne parlait encore. Tout le monde vérifiait s’il était bien vivant, sauf Le Chacal qui ronflait.

Blue Star alluma toutes les lumières au dehors. Et du cockpit on put commencer à apercevoir des ombres s’approcher de l’appareil. Tous étaient habillés de djellaba et le visage couvert d’un cheich.

— Ce sont amis ? demanda le pilote, qui cherchait sa bouteille, mais qui fit une moue désolée lorsqu’il vit qu’elle était vide.

— Oui, amis. Bachir, débloque une porte et fait les entrer tous. Qu’ils viennent se protéger du vent.

Blue Star se leva aussi.

— Moi sortir mettre protection sur réacteurs. Et non, pas besoin aide.

Il enfila des grosses lunettes de glacier et s’emmaillota le visage avec vieux tee-shirt crade.

Lorsque la porte latérale s’ouvrit, un nuage de poussière puissant pénétra. Blue Star sortit et un homme emmailloté entra. Berth alla à sa rencontre. Les deux hommes se postèrent l’un en face de l’autre.

— Salam alikoum, mon frère.

— Alikoum Salam, Moussa mon frère.

Il y eut une accolade pudique mais douloureuse pour Berth. D’autres hommes montèrent dans l’avion et sans doute que c’était pour la première fois car ils regardaient partout et en silence.

— Salut Moussa, dit du haut de la passerelle Le Chacal.

— Le Chacal est parmi nous. Tu sais que mon chameau est toujours amoureux de toi.

— Fous toi de ma gueule, c’est ça. Je croyais que la révolte Touaregs t’avait tué.

— Il faut croire que non. Mais, elle en a tués d’autres. Seuls ceux qui restent peuvent pleurer.

Moussa regarda autour de lui.

— Tu as pu avoir ce que je t’ai demandé ?

— Il y a tout, oui.

— Tout ?! Et bien, c’est une bonne nouvelle. Oui, enfin une bonne nouvelle. Tu sais, c’est le bazar dans l’Aïr. La révolte a attiré des bandits de toutes sortes. Des faux intégristes. Des trafiquants cruels, qui tuent tout ceux qu’ils rencontrent. Nous sommes obligés de faire la loi nous même car nous n’existons plus pour le gouvernement. Les femmes ont peur pour nos enfants, cette vie est difficile. Un Touaregs ne plaint jamais, mais raconter la réalité est une plainte à elle seule. Les jardins redonnent des légumes et l’on a retiré le sable des puits. Nous recommençons à vivre, malgré tout.

Une trentaine d’hommes étaient déjà entrés et deux d’entre eux avaient trouvé un coin pour faire du thé avec des braises rapportées du dehors.

Berth et son ami marchèrent vers les caisses.

— Ces deux palettes sont pour Djibril.

— Tu veux aller à Bazan’namas avec ça ?

— Non, le camion restera en bas.

— Mais d’ici, il te faut couper par Timia et ce n’est pas une très bonne idée. Il y des mines un peu partout sur le plateau. Et tu ne peux pas contourner sans rencontrer des Français, des Chinois ou l’armée Nigérienne. Sur le plateau, c’est la non loi qui règne, je t’ai dit. Djibril n’apprécierait pas que tu prennes autant de risque pour lui.

— Djibril ne sait pas que le risque existe, car il n’a jamais vu le monde en dehors de son village. A t-il su seulement qu’il y avait une révolte Touaregs en bas ?

— Peut-être pas.

Quelqu’un vint leur proposer à tous deux un verre de thé amer.

— Les russes que tu attends sont là aussi. Ils se cachent dans leur véhicule à cause de la tempête. Fait attention, ce ne sont pas des gens bien. Ils sont armés. Ce sont des mercenaires. Ils travaillaient pour l’ancien président Tanja. Même s’ils n’ont pas apprécié l’ardoise que lui ont laissé les gens de Niamey, ils ne sont pas pour autant de notre côté. Ils sont du côté de l’argent. Qu’est-ce que tu as à leur vendre ?

— Cet avion.

— Alors, fais attention mon ami.

La porte de côté de l’Antonov s’ouvrit brutalement et un homme fut projeté à l’intérieur sur d’un ours Ukrainien pas très commode.

— Moi trouvé ça, lui espion qui tournait autour avion. Moi crois pédé Russe.

L’homme se releva et voulu sortir une arme coincée sous ses habits, mais un sabre Touareg vint se glisser sous sa gorge.

— Je suis Mikhaïl, dit-il en colère et en français, c’est avec moi que vous devez conclure l’affaire. Je cherchais l’entrée lorsque cet abruti m’est tombé dessus.

Le sabre fut rangé dans son étui après qu’un simple battement de sourcil en eut donné l’ordre.

— Avant qu’il y ait l’échange, je dois inspecter pour voir si tout est conforme.

— N’en faites pas trop, jura Bachir, vu le prix que vous le payez.

— Payer quoi ? s’inquiéta Blue Star.

Comme personne ne répondait, il compris.

— Vous vendre avion à eux. Bien-sûr. Maffia russe pour trafic tout ça. En tous cas, moi je pas conduire pour eux.

Il cracha son mépris et disparu.

— Alors ? demanda le Russe.

— Alors, Bachir va vous faire visiter les lieux, confirma Berth.

Natacha apparut en poussant devant elle Youssef.

— Monsieur veut faire la grosse commission. Je propose qu’il aille faire ça dehors, vu que la tempête se calme. Mais, pas question que je m’en occupe…

 

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